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stefidoo Le sage

Inscrit le: 07 Avr 2006 Messages: 187 Localisation: vaisseau cosmique Terre
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Posté le: Jeu Mar 13, 2008 12:17 pm Sujet du message: suerbe texte sur la musique.... |
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La musique est ailleurs ...
Oui, bien sûr, mais il faut quand même quelques petites clefs afin qu’elle se mette en mouvement… Des outils techniques et des outils de réflexions, des outils tout court, quoi… Tout le problème est de se laisser faire, de se vider afin que la résonance se fasse.
Mais on nous apprend l'inverse, à nous remplir de choses inutiles, plein de soi, plein de peurs, plein de souffrances, plein de doutes, alors, on se réfugie dans la posture. La posture, "l'imposture de celui qui sait". On « fait » le musicien mais on "n'est pas" musicien. On parait être mais on "n'est" toujours pas.
Laisser les choses se faire, voilà le plus dur. Ne pas dire mais laisser dire.
La musique, les rythmes sont là depuis la nuit des temps, nous n'avons juste qu'à les "emprunter", les laisser s'activer, tranquille, puis les déposer à nouveau là où ils étaient. C’est la forme de la musique qui change mais pas le fond. Peu importe la forme que prend la musique, la forme n’a aucune importance, ce n’est qu’une forme, ce qui compte, c’est la musique, le fond, le contenu.
Arranger des sons entre eux, des notes entre elles, faire des harmonies, des rythmes, ce n’est pas ça la musique. La forme n’est qu’un prétexte.
Le contenu c’est la musique, qui a besoin d’une forme certes pour exister mais la forme n’est pas la finalité. La finalité, c’est le contenu, la musique …
Ce n’est pas parce que vous alignez des notes, des sons, des rythmes que vous êtes musiciens ? Ça n’a rien à voir. Vous êtes « metteur » en notes, en harmonie, en rythme. C’est autre chose. Vous pouvez le faire à la perfection, sans être le moins du monde musicien.
On confond tout ! Le gymnaste n’est pas danseur et pourtant les deux utilisent leur corps pour bouger. L’un bouge dans un cadre étanche, sa tête, à la recherche de la performance, l’autre danse avec les étoiles à la recherche de la poésie… Ce n’est pas la même histoire et les deux peuvent être parfaitement heureux, chacun dans sa discipline, chacun dans son domaine, chacun avec ses limites. Pourquoi pas ? L’essentiel, c’est de connaître sa place et de s’y sentir bien !
Les écoles de musique sont tout, sauf des écoles de musique. Ce sont des endroits où l’on forme des « metteurs en notes », pas des musiciens. On devrait les appeler « écoles de mise en notes ». Elles font ça très bien. Il faut bien apprendre la technique pour la dépasser….
Il faut bien apprendre le langage pour s’exprimer mais elles oublient trop souvent que l’alphabet, la grammaire et la syntaxe, ne font pas le poète.
Les professeurs de musique ne sont pas des professeurs de musique, pas du tout. Ce sont des professeurs de « mise en notes » ou de « mise en harmonie » ou de « mise en rythmes ». Mais la musique c’est autre chose…
Encore faudrait-il que les professeurs de musique soient aussi des musiciens et non pas seulement des « metteurs en notes »…
Encore faudrait-il qu’ils aient appris, ou au moins, qu’on leur ait dit un jour, que la musique est ailleurs afin qu’ils puissent informer leurs étudiants.
Mais les deux histoires sont quand même belles… elles ne s’opposent pas, elles se complètent.
C’est très agréable d’entendre des bons « metteurs en notes » aligner à la perfection et à la vitesse supersonique des notes, les unes derrière les autres. Faut le faire ! C’est du boulot. C’est impressionnant. Et même si ça n’a rien à voir avec la musique, ou plutôt le concept musical que nous développons dans ce texte, c’est quand même intéressant. Et même si c’est totalement illusoire, les magiciens sont plutôt des gens marrants. On dirait presque qu’ils ont un secret alors qu’ils ne sont que d’habiles manipulateurs.
Un type qui court autour d’un stade pour améliorer un record est tout aussi impressionnant. Les deux sont des pros qui gagnent leur vie avec leurs performances, dérisoires certes, car il y en a toujours un autre qui arrive et qui est meilleur qu’eux, qui va plus vite, encore plus vite, qui fait des arrangements encore plus compliqués, encore plus sophistiqués, ça n’arrête jamais… Ils n’impressionnent que ceux qui ne les ont pas encore dépassés…
Afin que les écoles de musique justifient leur appellation, il faudrait qu’elles assurent la « mise en notes », elles font généralement ça très bien, mais aussi qu’elles préparent à « la mise en musique », ça elles le font beaucoup moins, même carrément très rarement ou pas du tout…
« La musique vient du silence et y retourne… »
Le silence est une valeur relative qui n’existe pas, d’accord… Il y a toujours un bruit, un son, dans le silence le plus profond et dans un silence absolu, ce sont les bruits du corps, les sons internes que l’on entend, que l’on ressent. Soit… Alors considérons le silence comme un état de non-musique ou plutôt « d’avant musique » et « d’après musique », comme un état d’immobilité.
Ce n'est pas nous qui existons mais bien la musique qui existe à travers nous.
Le musicien est un médium, un intercesseur entre le silence et le silence. La musique n’est qu’une organisation différente du silence. Un épiphénomène entre deux phénomènes. Un autre mouvement.
La musique est un mouvement qui s'organise dans l'espace-temps en trois dimensions, comme une sorte de chorégraphie dans l'espace visuel et dans l’espace virtuel.
Visuel, notre périphérie immédiate.
Virtuel, dans une vision cosmogonique. De l’infini des étoiles, en passant par le sol, traversant la terre jusqu’à l’autre infini des étoiles.
Ce mouvement est accord avec la caisse de résonance faite du vide du musicien et le vide de la caisse de résonance de l'instrument. Ce mouvement en spirale va des profondeurs au firmament, en mouvement perpétuel, en se nourrissant des énergies du lieu, quel qu'il soit, qui devient à son tour caisse de résonance.
« Faire le son… », mettre en résonance un lieu.
« S’accorder », s’accorder soi, avec le lieu, avec les musiciens, avec le public. Accorder l’instrument.
Mettre en résonance un auditoire, faire en sorte qu’il devienne une caisse de résonance. Faire le vide... Le vide intérieur, vider le public de ses « a priori », de ses certitudes, de ses habitudes, de ses références. Puis, "se laisser mettre en mouvement" le vide constitué de cet espace très matérialisable situé entre le public et l'interprète. L’espace vide…
Regarder les couleurs, les « voir ». Les vibrations que dégage chaque couleur puis les accorder entre elles comme un peintre.
Regarder les couleurs des instruments, des vêtements, des décors, du sol, les deviner, aller à leur rencontre, les laisser nous parler puis les accorder.
Tout accorder : soi, le public, les instruments, les lumières, les costumes, la salle, le plateau…
Donner vie à l’objet afin qu’il devienne à son tour « instrument » et qu’il puisse se laisser "instrumentaliser" par la musique. Faire vivre le bois, le cuivre, la peau, la corde, retrouver, découvrir leur âme. Les faire vibrer. Les « incarner »…
Accorder les caisses de résonance afin que se crée un mouvement entre-elles.
Entrer en "phase" avec les vibrations prodiguées par les sons. "Phaser" les harmonies, les rythmes jusqu'à ce qu'ils deviennent polyphonie et polyrythmie.
Étirer l’espace intérieur des temps, le « groove », spiraler cet espace.
Faire « chanter » les notes afin qu’elles prennent vie, elles aussi. Les « animer », leur donner une âme. Les laisser s’amuser entre-elles. Les laisser vivre, quoi…
Il n'y a pas de quête de résonance ultime, ce serait une supercherie. La résonance ultime "est" là, partout, toujours, source de bien être, d'éternité et de plénitude, c’est elle qui régie tout les grands équilibres des saisons, des planètes depuis la nuit des temps, depuis le commencement.
La laisser « se faire », donner seulement le minimum d’impulsion pour la mettre en mouvement puis laisser faire encore et toujours, et ne pas être juge de sa qualité ou de sa perception.
« On va mettre la main dans l'eau ...
Il y a l'eau, la main et l'air qui sépare la main de l'eau.
On laisse la main, à travers l’air, se diriger vers l'eau,
puis vient la sensation de l'eau.
On laisse la main dans l’eau.
Il y a la sensation de la main dans l’eau et de l’air sur le bras…
On retire la main, avec le souvenir de la sensation de l'eau, comme une résonance, puis l'eau s'écoule, et l'on retrouve la sensation de l'air ? La vie reprend son cours... »
Un concert c'est pareil. Il y a un avant, une préparation-mise en situation, un pendant, un après qui rejoint l'avant.
Il y a la vie avant, la contingence matérielle,
puis la préparation comme une sorte de rituel, comme une sorte de branchement, il y a pendant, la résonance, il y a après, la descente puis le souvenir et le retour à la contingence matérielle.
« Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise musique, il y a "la musique".»
Il n’y a pas « des musiques » mais bien « une musique », celle qui résonne ou celle qui ne résonne pas. Le reste est tergiversation et vue de l’esprit.
Il n'y a pas de bons ou de mauvais musiciens, il y a ceux qui résonnent et ceux qui ne résonnent pas. Chacun se débrouillant avec sa posture, ses certitudes, ses peurs, ses lâchetés, sa personnalité, son parcourt, son vécu, son karma.
La technique n’est rien, le savoir-faire n’est rien, s’ils ne sont pas au service d’un contenu, d’une résonance.
Une note peut induire le mouvement perpétuel et mille, peuvent être un océan de bavardage.
La virtuosité n’est rien, si elle n’est pas au service du vide.
L’interprétation est un non sens. Comme si le musicien devait interpréter les notes. Rien de tel pour les annihiler. Le musicien doit laisser faire les notes, les considérer comme de la matière vivante et les laisser lui parler. Comme si le musicien était plus fort que les notes. Qu’il écoute plutôt ce que les notes ont à lui dire, qu’elles lui parlent et qu’il les écoute. Mais le musicien se prend pour un sorcier et se croit au-dessus de tout. Entre l’orgueilleux et le crétin, l’espace est mince. L’orgueilleux est un peureux arrogant qui ne trompe que lui-même, le crétin est un crétin plutôt sympathique car il ne le fait pas exprès.
Le musicien regarde les notes mais ne les voit pas. Il est sourd à toute communication avec elles, puisque c’est lui le patron… le boss !
Il ne voit pas que les notes « sont », qu’elles existent et qu’elles ont une durée de vie bien supérieure à la sienne. Quand ce petit prétentieux de musicien quittera enfin sa contingence matérielle, les notes de musique seront toujours là et se joueront d’autres musiciens. Alors… du calme !
« Ce n’est pas le musicien qui joue la musique mais bien la musique qui se joue du musicien. »
Quant à « la grâce », la façon dont certains sont habités par la musique, là, c’est encore une autre histoire.
Les génies ! Les génies n’ont rien de génial, c’est la musique qui est géniale, pas eux. Eux, sont rien et tout à la fois.
Ils sont « rien » car la musique ne leur appartient pas, elle est là, c’est tout… Ce n’est pas parce qu’elles passent à travers eux qu’ils sont géniaux.
Ils sont « tout » car pour des raisons qui leur échappent, ils sont reliés avec la musique. Ils sont tellement vides qu’ils peuvent se remplir de musique. Alors tout devient musique en eux, ils « sont » musique. Ils ne jouent plus des notes, ils « sont » les notes. Les notes, la musique, parlent à travers eux. Appelons ça « la grâce » ! Ils sont donc « gracieux », pas géniaux…
La grâce est un état de renoncement total.
La grâce est un état de vide qui apparait quand le musicien a enfin renoncé à lui-même. Quand il ne joue plus mais qu’il « se laisse jouer ». Quand il se met enfin, au service du vide.
La grâce est la manifestation du vide interne, la manifestation très concrète de l’ouverture du canal.
« Le musicien est un simple canal entre le silence et le silence… »
© 2008 François Kokelaere _________________ «L'esprit intuitif est un cadeau “sacré” et l'esprit logique un domestique fidèle. Nous avons créé une société qui honore le domestique et qui a oublié le cadeau». Albert Einstein |
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mathesna Administratiouou

Inscrit le: 31 Mar 2006 Messages: 310 Localisation: La Lande
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Erell Le villageois

Inscrit le: 14 Fév 2007 Messages: 95 Localisation: Trbovlje Slovenie
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Posté le: Lun Mar 17, 2008 9:53 am Sujet du message: |
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Oui, on oublie trop souvent qu'on invente rien, tout est deja la, apres c'est une question de capter ce qui passe sans se l'approprier. Tres beau ce texte! Merci Stef. _________________ Et les vibrations s'étendront à l'eau de la Terre... |
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david Le villageois

Inscrit le: 14 Avr 2006 Messages: 56 Localisation: Kreiz Breizh
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Posté le: Lun Mar 17, 2008 2:12 pm Sujet du message: |
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Salut stef et merci pour cette page de réflexion sur l'état de musique.
J'ai beaucoup aprécier même si j'ai trouvé un peu dur la critique des écoles de musique.
Il me semble que François Kokelaere soit un joueur de berimbao.
David _________________ Didjeridoo au tour : http://www.kanarchoad.com
Partition pour didjeridou : http://perso.wanadoo.fr/ngaribi/ |
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stefidoo Le sage

Inscrit le: 07 Avr 2006 Messages: 187 Localisation: vaisseau cosmique Terre
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Posté le: Jeu Mar 20, 2008 12:00 pm Sujet du message: |
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en fait c'est toi qui m'a fait connaitr francois K. en me prêtant un cd de Berimbau. ca devrait te rappeler des souvenirs?
bises _________________ «L'esprit intuitif est un cadeau “sacré” et l'esprit logique un domestique fidèle. Nous avons créé une société qui honore le domestique et qui a oublié le cadeau». Albert Einstein |
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david Le villageois

Inscrit le: 14 Avr 2006 Messages: 56 Localisation: Kreiz Breizh
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